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mniha
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des textes, des idées ! des choses à faire partager. découvrez mon MONDE. laissez vos com !!!!
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Date de création :
19.10.2007
Dernière mise à jour :
27.03.2008
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Ça

Posté le 27.03.2008 par mniha
J’avais décidé de partir. Partir loin en restant tout prêt. Mon ennemi ingurgitait des substances qui me faisait aller dans un ailleurs. Mon ennemi, une partie de moi. Un ailleurs où je ne savais plus, et j’imaginais que je n’avais jamais su finalement, si j’appartenais vraiment à ce corps. Il était là pour moi, il s’était construit pour moi et par moi, et surtout, il parlait pour moi….
Mon meilleur compagnon…je ne le connaissais pas et lui, il savait tout. Il savait qui j’étais, ce que je demandais d’accomplir à ce corps, mes projets, toutes les choses que je ne m’interdisais pas. Il le savait. Et moi, j’étais en contemplation devant lui car je ne savais rien et il ne me laissait rien savoir. Il faisait parti du « travail ». Le travail qui consiste à être soi, à se sentir pleinement soi, à être bien, bien dans sa vie. On était, d’un certain côté, complice des mouvements, des actions du corps auquel nous appartenions…mais une peur, battant la mesure d’une musique que l’on connaît que trop bien, persister en moi : je ne savais pas ce que ce corps pouvait faire avec mon complice. Lorsque c’est lui qui contrôlait notre corps, je ne pouvais intervenir, je subissait seulement. Les chocs ! J’encaissais les coups et je devenais le coupable. Il ne le faisait certainement pas exprès car il était un peu simple, intelligent et assez fou pour que l’on puisse toujours l’excuser.
Nous n’avions pas choisi d’être ensemble. On ne choisit pas toujours nos compagnons de route. On les souffre. J’aurais aimé pouvoir le changer mais j’avais peur aussi de découvrir quelqu’un d’autre, qui m’aurait encore moins convenu. Et peut-être qu’après tout, c’est mieux comme ça.
J’ai peur pour lui. Il est tellement spontané et je n’ai pas l’impression qu’il essaye de m’aider. Je ne sais pas si, moi, je l’aide. Peut-être que je lui pose trop de problème et que c’est justement pour cela qu’il ne me réponds pas. Il écoute et analyse tout ce que je pense. Mais comme nous avons une mission ensemble, pour une durée que l’on ne contrôle pas réellement, je sais qu’il peut être mon confident. Il ne dira rien à personne. Dans l’ensemble, il réagit bien. Je veux dire qu’il ne fait pas trop n’importe quoi avec ce corps. Mais il en fait beaucoup plus que moi. Il intervient toujours, il ne se repose jamais. Comme un gardien, le gardien de moi et de ce corps. D’ailleurs là, il agit pendant que je pense car je crois ne pas penser à écrire. Mais à la vitesse à laquelle je pense, il est difficile finalement de bien écrire.
Il est le centre de toutes les informations que je crois recevoir. Moi je fais le tri de ce que je dois retenir dans l’instant. Lui, il garde tout, dans des fichiers où je peux aller quelques fois ressortir des éléments. C’est utile lorsque le corps que je hante se retrouve devant d’autres corps. C’est comme cela que je peux entrer en relation avec les autres personnes.
Je suis contente d’être cette partie de moi, car si j’avais étais l’autre, je me serais lassée de m’écouter tout le temps dire n’importe quoi. Cela dit, nous n’avons rien à faire vraiment, mon complice est toujours là cependant. Ce corps auquel nous appartenons est en fait victime de ce que je pense et mon complice m’aide à travers lui à comprendre ce que je pourrai arriver à être ou à faire être de ce corps et je ne comprends pas trop pourquoi je veux le détruire. Peut-être parce que je n’ai pas encore accepté d’être avec lui…le complice.





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insomnie

Posté le 22.02.2008 par mniha
Je n’arrive pas à dormir.
« Pourquoi est-ce que je n’y arrive pas ? Pourquoi ma tête me fait-elle si mal ? »
Je suis installée dans mon lit, comme d’habitude. Sur le dos, les mains repliées sur mon ventre et comme d’habitude la fenêtre est ouverte.
Depuis plusieurs mois, je n’arrive pas à dormir la fenêtre fermée. C’est l’hiver pourtant ! J’ai essayé trois fois de dormir la fenêtre fermée et j’ai fait un cauchemar à chaque fois !
J’éprouve très souvent beaucoup de difficultés à m’endormir.
Je tourne dans mon lit. Sur le dos. Sur le ventre. Sur le ventre avec le bras sous mon oreille droite, « non », sous mon oreille gauche, « non plus ». Une jambe repliée, « ça ne marche pas ». Avec l’oreiller, sans l’oreiller. Le sommeil ne vient pas.
« Ma tête, aïe ma tête.»
J’adopte une position fœtus. J’attends. Rien. Non, je n’y arrive pas.
Je tourne. Sur le ventre à nouveau, c’est souvent comme ça que j’arrive à m’endormir en ce moment. Mais non, pas ce soir.
« J’aimerais dormir. Je dois dormir. Demain j’ai une journée de folie qui m’attend, je dois me reposer.  Je suis fatiguée. Mon corps tout entier est fatigué. Je n’ai pas de souci particulier si ce n’est de vouloir dormir. »
Souvent quand je n’arrive pas à m’endormir c’est que quelque chose me tracasse. Là, « je ne voit rien qui puisse me tracasser. Tout va bien dans ma vie, je n’ai pas de problème particulier. Demain est une journée qui ne pose pas de problème sauf que je dois me lever et être en forme mais ce n’est à priori sans difficulté aucune, c’est la même chose chaque semaine alors je devrais y arriver. »
« Je préfère ne pas regarder l’heure, ça me ferait stresser de voir le peu de nuit qu’il me reste. »
Je m’assois dans mon lit.
Je prends un bouquin, « ça va certainement m’aider. » Au fur et à mesure que je tourne les pages, je me dis que j’aurais dû m'être déjà endormie.
Le livre est fini. Ce n’est pas un petit livre. « J’ai bien dû lire pendant 3h. »
Je me rallonge.
De la musique, je mets de la musique. Je commence à chanter, ce n’est pas une bonne idée finalement la musique. Le disque terminé, je souffle. Je suis en colère après moi.
« Ma tête, pourquoi ? »
Je regarde par la fenêtre, le ciel est jaune, il fait encore nuit, « il doit être certainement 5h du matin à présent. » Rien ne bouge.
« Je dois me calmer. » Le fait de ne pas arriver à dormir m’énerve.
J’ai toujours des problèmes pour le sommeil. Des difficultés comme ce soir j’en ai eu plusieurs, des fois ça dure quelques jours mais ça peut aussi durer des semaines ou des mois. Sauf que d’habitude il y a des raisons pour ne pas réussir à m’endormir.
Je tourne. Je retourne encore et encore dans mon lit.
« J’ai eu une bonne journée, tout va bien, rien ne devrait m’empêcher de reposer mon corps et mon esprit. »
Je reprends. Je m’allonge, sur le dos, les mains sur mon ventre, « là, c’est bien. » Le froid caresse mon visage, ça m’aide à m’endormir ça. Mais pas aujourd’hui. Non. Je regarde mon réveil, il est 6h38. Je ne stresse pas. Je sens même le sommeil qui arrive, « je ne dois pas m’exciter pour ça, sinon, je ne m’endormirai pas. »
Je décale mon réveil afin de pouvoir dormir un peu, tant pis. « Demain je ne me maquillerai pas pour aller au plus vite. » L’air frais sur mon visage me relaxe, je tombe, je sombre.

Je me réveille. Tout d’un coup, je sursaute. Je n’ai pas entendu mon réveil.
« Aïe. »
Il est 7h37, et j’ai l’impression d’avoir bien dormie. Je me sens reposée.
Ti-ti-titit, ti-ti-titit !! Mon réveil. 7h41. Je me suis réveillée avant mon réveil. Des fois je ne l’entends pas, et je me réveille bien après lui quand j’ai passé une mauvaise nuit. Pas aujourd’hui. J’ai encore un peu mal au crâne.
Bon ! Cette nuit aura été très courte mais je ne me sens pas fatiguée pour autant.
« Allez, hop en route !!! Café, douche, c’est parti. »

une planche pour le four

Posté le 12.02.2008 par mniha
Nous sommes dimanche, le septième ! Le septième jour que nous vivons dans notre appartement. Il est 18h quand nous décidons de parcourir les rues de notre quartier afin de trouver une planche. Le frigidaire n’est pas assez large pour accueillir notre four. Avec une planche, il n’y aurait aucun danger pour le poser dessus. Cependant, nous avons déjà trouvé plusieurs planches mais elles ne convenaient pas, à cause des murs, ils ne sont pas en angle droit alors après, on ne peut plus ouvrir la table. Notre appartement est très optimisé ! Les chambres sont grandes mais la salle de bain et la cuisine sont petites, tout doit avoir sa place et le four ne peut convenir que sur le frigo, dans l’angle mais nous nous devons d’être exigeantes quant à cette planche. Nous sortons donc pour cela.

Le dimanche, les rues sont pleines de choses intéressantes. Les gens font leur tri, ils vident leur caves, changent leur meuble, jettent se dont-ils ne se servent plus, abandonnent des tas de choses qui peuvent valoir le coup pour d’autres, pour nous. Peut-être même que certain meuble jeté dans la rue se retrouve à nouveau jeté dans cette même rue des semaines, des mois, des années après, avec une histoire différente. Parce que je me dis que ce que nous récupérons, nous, aujourd’hui, nous nous en débarrasserons certainement un jour, dans cette rue ou dans une autre. Mais reprenons, ce qui nous intéresse ici, c’est une planche de 60cm de long et 20 de large. Nous avons pris un mètre, pour être sûre de ne pas se tromper à nouveau.
Nous empruntons une rue que nous ne connaissons pas encore, facile, nous connaissons seulement deux rues prés de chez nous. Il y a des escaliers qui ont un air de village, nous sommes à Paris, on ne trouve pas beaucoup de coin qui ont un air de village ! Les escaliers ne sont pas totalement droits, il y a beaucoup de fleurs qui l’encadrent et il est assez pentu. Nous l’empruntons. Arrivée en haut, nous sommes tout d’abord un peu essoufflées par l’effort non prémédité mais aussi étonnées et ébahis de découvrir une jolie rue pavée, bordée de part et d‘autre de villa aux façades en pierres meulières, briques ou crépies et aux jardins arborés de fraîches végétations, on pourrait vraiment s’y tromper mais nous sommes bien dans Paris. C’est très joli et ça fait rêver, les maisons doivent valoir cher ici, oui, il n’y a que des maisons, ça parait étrange mais en faite nous sommes belle et bien entrés dans un quartier pavillonnaire. Nous nous attardons que très peu, car cela à beau être très calme, joli et idéal mais nous ne sommes pas en visite de quartier et ce qui nous intéresse précisément, ne s’y trouve pas.
Un peu plus loin, nous redescendons des escaliers du même type. La réalité de la rue que nous nous apprêtons à prendre retrouve le sens de notre chère capitale. Du moins, elle le parait. Car plus bas dans cette rue moins paradisiaque, oui, plus bas, des livres sont posés en vrac dans des cartons devant un garage dont la porte est ouverte. Nous jetons un coup d’œil rapide à l’étalage, un homme en sort -du garage évidement- et nous dit que nous pouvons nous servir, que c’est fait pour ça. Nous le remercions mais nous, nous cherchons une planche ! … Cela est très bien puisque justement il y en a plein la maison et comme il débarrasse cette dernière, nous tombons à pique.
Nous ne nous attendions pas à ça et très vite nous sommes invités à entrer dans le garage mais les planches qui se présentent à nous ne conviennent pas. Il nous propose des cannisses et nous en avons besoin aussi, puis il appelle son père qui se trouve en haut, dans la maison. Nous sommes invités à rejoindre le papa afin de choisir ce qui nous conviendrai. Nous n’y croyons pas, cela parait irréel. Nous mettons de côté les canisses et les quelques livres qui semblent intéressant puis nous sortons par une autre porte pour gravir ensuite quelques marches d’un petit escalier en béton parcouru par des herbes de qualité sauvage. Il y a des pins, nous traversons le jardin qui est recouvert de feuilles, d’épines et de ferrailles en tout genre. La terre est presque noire, on pourrait se croire dans une forêt, la lumière y est très faible, et une veille petite cuisinière toute rouillée au milieu de ce paradis semble vouloir nous ramener à la réalité.

Le capitaine nous attend, il a l’air fatigué, ses lunettes sont un peu brisées, il nous fait entrer. La porte de la maison est cassé par endroit et laisse donc passer le froid. Elle s’ouvre sur une espèce de hall d’entrée semblable à un débarras d’objets trouvés. Nous montons un escalier en bois dont certaine marche sont peu sûr. À l’étage, nous nous rendons vite compte qu’effectivement nous pouvons choisir, il n’y a que ça, de partout des planches, du bois, des outils, des feuilles mortes, une cheminée, des escaliers en colimaçons, encore un escalier, une mezzanine, peu de vaisselle dans la cuisine qui se confond avec la salle à manger. En fait, il n’y a pas vraiment de nom pour les pièces, c’est un énorme atelier, une usine à bois presque.
Nous commençons à mesurer des planches, le vieil homme nous en propose d’autres qui sembleraient mieux convenir. Il s’implique très vite dans notre affaire et parait avoir très bien compris ce qui nous ferait plaisir. Passé un moment et voyant qu’aucune planche ne convienne réellement, notre « hôte » prend une planche, remet ses lunettes en place et attrape un mètre tout en posant la fameuse sur son établi. Il nous redemande les dimensions exactes, en ajoutant qu’il nous fabrique notre bonheur, sur mesure. Le fils, qui nous avait rejoint depuis peu, nous dit : « vous en avez de la chance ! » et nous de répondre toutes confuses : « c’est très gentil, il ne faut pas vous casser la tête ! On ne veut surtout pas vous déranger !! » Mais le bonhomme insiste, ce qui nous ravie aussi. Nous sommes un peu gênées car cela fait tout au plus quinze minutes que nous parlons à ces gens.
Pendant que le capitaine s’installait, préparait ses outils et découpait cette illustre planche, nous parlions avec le fils tout en chinant les objets dont nous pourrions éventuellement nous accommoder puisqu’il était recommandé de nous servir. Ainsi nous en avons appris beaucoup sur cette maison et le mode de vie de nos joyeux voisins.
Quelques minutes plus tard, LA planche était parfaitement coupée et nous étions invités aimablement à boire un petit coup. Déjà bien en retard pour notre rendez-vous avec des amis, nous refusâmes poliment le verre pour cette fois et nous repartîmes avec la planche, des canisses et des livres sous le bras.



comme si je me regardais agir

Posté le 03.11.2007 par mniha
Comme si je me regardais agir !

Je regarde la « petite » Delphine et je suis fière d’elle, elle a repris sa vie en main. En fait, elle commence à vivre pour elle, vivre selon elle, elle a changé, grandi.
Elle prend conscience qu’elle est devenue la femme qu’elle voulait être. Longtemps sans penser à elle ! Maintenant elle vit, elle vit comme elle l’entend. Certes avec certaines difficultés mais c’est-ce qui fait sa force, sa personnalité et sa nature de femme. Une femme fragile mais qui paraît solide !…veut le faire paraître.
Longtemps elle s’est battue,…avec elle-même !
On sent encore sa fragilité d’enfant, son innocence qui la pousse, la fait avancer.
Elle a choisit de fuir ceux qui voulait faire d’elle ce qu’elle n’était pas.
Maintenant encore, elle se demande si elle a fait les bons choix, longtemps à se poser ces questions !
Petite elle ne voyait qu’un simple fond noir -lorsqu’elle pensait à son futur- avec ce petit vortex qui n’était en fait qu’un appel, un appel de sa future vie qui lui disait de sortir de là, de s’échapper parce que sa vie n’était pas de ce côté.
Maintenant elle voit des couleurs, beaucoup de couleurs !!…..et une infime tache noire qui représente son passé.
Cette tache devient de plus en plus petite à mesure qu’elle avance, mais cette tache restera là, quelque part sur ce paysage afin de pouvoir apercevoir ce qu’elle a traversé mais non sans trop y penser, car elle sait, ça fait partie d’elle et c’est aussi ce qui lui permet de dire qu’elle n’en veut plus.
Elle accepte son passé, cette tache !
Elle ne sait pas ce que sera sa vie dans 10, 20 ou 30 ans………mais elle sait que ce qu’elle vit aujourd’hui est sa vraie nature.


Je l’observe et l’ai toujours observé, je suis elle mais elle n’est pas moi et ne le sera jamais.

la peur

Posté le 01.11.2007 par mniha
Je sens en moi une peur. Peur de la mort, la mienne, celle des autres, de mes amis, ma famille, mon frère. À l’intérieur je suis mal. À l’extérieur aussi. J’ai la nausée, des montées de stress, des angoisses. Ça passe par votre sang, s’écoule dans vos veines, jusqu’au bout de vos poils s’hérisse.
Je me souviens de ces moments quand j’étais adolescentes. Ces instants où je me suis sentie mal, je me suis toujours sentie mal. J’ai été heureuse sans interruption jusqu’à l’âge de dix ans. Après ça a été différent. Après avoir emménagé dans la nouvelle maison, j’ai maudit ma vie. Les seuls fois où j’étais heureuse c’est quand on jouait dehors avec mes frères et ma sœur. Quand il faisait froid surtout. Il faisait toujours froid dans la maison, mais dehors c’était différent. On allait s’amuser dans les herbes froides, dans la boue gelée. On prenait soin des petits avec mon frère et on allait dans les bois se créer des aventures toujours plus extraordinaire les unes que les autres. Je me souviens de ce jour où il avait beaucoup neigé et où on avait fait du surf dans le jardin. Notre jardin est tout en montée ou plutôt tout en descente. On avait pris les skateboard de mon petit frère, on avait enlevé les trucks et on glissait sur la neige épaisse et craquante, on ne faisait plus la différence entre les glissades avec planche ou celles sans. Il avait vraiment beaucoup neigé. On s’amusait à s’allonger dans cette neige et à dévaler la pente en roulant sur nous-même. Nos manteaux, nos écharpes, nos gants troués et nos bonnets avaient pris la couleur de ce sol glacé, tout blanc nous étions. On a même fait un énorme bonhomme devant la maison. La chaleur de se moment restera à jamais dans mes souvenirs. Normalement nous aurions dû être à l’école mais tout était fermé. Mon père m’avait amener à l’arrêt de bus, on a cru que je l’avais raté car ça arrivait souvent et puis nous étions jamais nombreux à cet arrêt. Ça arrivait que je sois seule aussi ou que le bus ne vienne pas jusqu’ici. Nous étions là, silencieux, à attendre dans la voiture avec le chauffage à fond et au bout d’un moment on s’est dit que le bus ne viendrait pas à cause de la neige. Ça aurait servi à rien d’essayer d’aller aux autres arrêts pour le rattraper. Alors on a pris la route jusqu’au lycée. C’était la folie, on a mis du temps pour y aller. Une fois arrivée, le lycée était fermé. Toutes les voitures ont repris leurs enfants et nous sommes rentrés. Le retour en voiture, je ne m’en souviens plus, mais j’étais contente, c’est sûr. Pas contente de passer une journée à la maison, ça non ! Mais de pouvoir profiter de la neige, j’adore la neige, j’adore quand il fait froid. Une fois à la maison, mes frères et sœur finissaient leur petit-déjeuner, ils étaient encore en pyjama, je leur ai dit de s’habiller comme si on était au ski. Ma mère a sorti les combinaisons, les gants, les bonnets, les écharpes, ils les ont enfilé par-dessus les pyjamas et nous avons couru dehors nous jeter dans la poudre blanche. J’aime quand mon long manteau a traîné dans la neige et que cela forme de lourds glaçons aux extrémités, je m’amuse à briser cette glace après. Je crois qu’ils sont restés en pyjamas toute la journée. J’aime bien quand il fait froid, on boit des chocolats chauds, on joue dehors et quand on est vraiment trop glacé, on entre dans la maison se blottir tous les quatre dans des milliers de couvertures et coussins en vrac, sur le lit de mes parents, à regarder une cassette vidéo. C’était un véritable moment de complicité, ça ne l’est pas toujours, on se dispute très souvent. Il faut dire que nous sommes très doués pour les bêtises et les idées stupides, c’est-ce qui nous unit. Ça n’est jamais réellement dangereux et nos parents nous laissent faire. D’ailleurs, il y a très peu de choses que nos parents nous interdisent. Ils ne nous ont jamais empêché de monter dans les arbres même si ma mère a le vertige et que sa peur aurait pût être une barrière pour nous. On savait très bien comment faire marcher les appareils électroménagers. Les ustensiles de cuisine nous servaient pour faire de la pâte à sel ou des gâteaux, des crêpes, cela devenait toujours un véritable chantier. Les outils en tout genre comme des clous, marteaux, scies ont toujours étaient à notre portée et cela était très pratique pour la construction de cabane ou autres. On ne s’ennuie jamais ensemble, tous les quatre. On aime bricoler. On aime les aventures. On a toujours des idées pour s’occuper, même quand les cousins et cousines viennent, ils ne s’ennuient pas avec nous. Mes parents habitent en dessous d’une déchetterie ce qui nous permet de récupérer tout un tas de choses, on l’appelle « le supermarché de papa ». Des chaises, des tables, un canapé trois pièces, des vélos, des cyclos, de la vaisselle, des tabourets, les gens jettent de ces trucs et nous, on récupère, mon père surtout. Mais lorsque nous étions enfants, avec mes frères et sœur, on ramassait des palettes, des roulettes de vieux caddies, des guidons de vélos, des boîtes cassées et avec tous ces instruments, nous avons construit beaucoup de choses. On s’amuse à fabriquer des objets, à monter et démonter des vélos, des mobylettes. Un jour nous avons fabriqué des engins, sorte de mini-voitures pour dévaler la pente de la route à côté de chez nous. Elle n’est pas dangereuse cette route car il n’y a que des voitures qui y montent pour aller à la déchetterie. Nous avons mis plusieurs jours à construire ces véhicules. La voiturette de mes frères était un peu mieux que celle de ma sœur et moi. Nous formions toujours deux équipes, soit les filles et les garçons, soit mon frère et ma sœur ensemble et notre petit frère avec moi. Même pour les disputes ça marchait comme ça. Nous sommes tous les quatre très débrouillards et bricoleurs, sauf peut-être ma sœur qui est plus tranquille maintenant. Ce sont des qualités qui nous viennent de notre père et j’en suis très heureuse. Notre père est un homme qui est toujours en action. Il trafique, il arrange, il construit, ils ont construis deux maisons avec ma mère, ils répare aussi les voitures et en a même rebâtit une entière à partir de deux voitures complètement fichus, en regroupant les pièces en bon état. Il est comme ça mon père, il recycle tout. C’est un personnage qui semble effacé, il ne parle pas avec nous, il bricole avec nous, il est dans un autre monde, je l’admire. Des fois, à table, il se met à rire tout seul, il se fait des histoires dans sa tête et il rigole, il ne nous explique pas mais ça à l’air très drôle. Je crois qu’il pense beaucoup, je lui ressemble, je l’aime beaucoup. Je n’ai jamais dit à mes parents que je les aimais. Je leur en ai toujours beaucoup voulu, pour la vie qu’ils m’ont fait mener, mais plus maintenant, au contraire. J’ai longtemps détesté ma mère. C’est vrai, elle n’est pas facile, moi non plus d’ailleurs. On ne s’est jamais entendu elle et moi. Ou peut-être que c’est seulement moi qui ne m’entendait pas avec elle. Elle n’a jamais appris à me connaître, je ne me suis jamais laissée connaître, pas pour elle. Aujourd’hui c’est différent. Je me souviens d’un jour précisément. Elle avait voulu me faire plaisir, elle m’avait fait un cadeau, comme ça, sans raison annuelle. Une robe. Seigneur qu’elle était moche cette robe, à carreau noir et blanc, il me semble. Je l’ai essayé pour lui faire plaisir et j’ai pleuré. J’ai fondu en larmes parce que je me suis dit qu’elle ne m’aimait pas. Je n’aimais pas les robes et elle voulait que j’en mette. Il y a eu plusieurs échecs comme celui-ci avec ma mère. Lorsqu’elle pensait me faire plaisir cela nous détruisait. Cela nous détruisait car je n’aimait jamais ses cadeaux et je pleurais parce que cela me faisait de la peine qu’elle ne sache pas comment me faire plaisir et elle pleurait aussi parce que je lui renvoyé toujours ses cadeaux à la figure, on se faisait du mal, c’était une sorte de jeu entre nous. Elle avait une image de moi différente de ce que j’étais, ça a été très dur. Je ne serai jamais ce qu’elle aurait aimé que je sois. Je pense que, aujourd’hui, elle l’accepte. Elle a souffert avec moi, j’ai souffert à cause de ça. Je crois que j’ai pris très tôt conscience que ma mère et moi étions deux personnes distinctes, contrairement à ce qu’écris Inès Cagnati dans « le jour de congé » à propos de ce détachement maternel. Ça aurait pu être différent avec ma mère mais heureusement elle a ma sœur. Elles sont très liées, très amies. Je me suis toujours fermée à ma mère alors que ma sœur lui raconte toute sa vie. C’est pour cela que j’écris. J’écris pour eux, pour mes parents, pour me faire pardonner, pour leur dire que je les aime et leur dire aussi que j’accepte la vie qu’ils m’ont offerte. J’écris pour leur raconter comment, moi, j’ai vécu les choses, pour qu’ils sachent qui je suis et ce que j’ai appris grâce à eux. J’ai souvent pleuré à cause de cette vie qu’ils me faisaient subir, je n’arrivai pas à la supporter. Je pleurais quand je repensais aux bons moments que nous avions pu vivre, aux vacances à la montagne, à notre ancienne maison que j’ai longtemps regrettais. Les souvenirs étaient ma souffrance mais ça me faisait du bien, aujourd’hui encore, mais c’est différent.

Je me souviens aussi de ces moments, plus tard, quand j’étais enfermée, coincée, dans la bulle que je m’étais créé quand je vivais à Marseille. Avec mon copain, à la fac, ce n’était pas mon espace, ce n’était pas ma vie. J’avais mal dans tous les cas, dans tous ces moments où je me sentais incomprise. Je criais, je pleurais mais ce n’était pas moi. Je pleurais beaucoup, je tremblais, j’avais la nausée, je vomissais parfois. Je perdais conscience très souvent. Je haïssais cette ville, je haïssais ma vie, je ne supportais plus les gens, je ne me supportais plus. Un corps qui hurlait après son corps. Ce n’était pas moi, ce n’était pas ma vie, je le savais depuis bien longtemps.
Il y a plusieurs mois de cela, il a fallut que je me fasse aider car j’arrivée au stade où je ne pouvais plus être forte. Au stade où il fallait que je pense à moi. À ma santé, à ma vie, je n’y pensais jamais. J’ai craqué, j’ai faiblit, il le fallait. Il fallait que je me rende compte que je ne pouvais pas continuer comme ça, que je ne pouvais pas rester toute ma vie à penser aux biens de mes proches, il fallait qu’à mon tour je me sente bien et que je fasse ce qu’il me plaise. J’étais mal à cette époque, les angoisses étaient de plus en plus forte, j’angoissais même à l’idée d’être angoissé, je vivais dans la peur, peur de tout mais peur surtout de moi, peur de mon corps. Je me disais : « la peur me guette, …mais peut-être que c’est le contraire », oui, peut-être que c’était le contraire. Je me nourrissais de cette peur, elle me faisait vivre. Elle me réconfortait car elle me donnait raison et j’avais besoin d’avoir raison de temps en temps. Mais je n’avais jamais compris qui elle était. Maintenant, je sais. J’avais peur de moi. Peur de mes réactions, peur de faire du mal aux autres. Des idées, des visions atroces m’apparaissaient très souvent. Comme celle de prendre un couteau et de me le planter dans le cœur, ou de tailler mes veines. Certaines fois, en voiture, j’avais l’image de moi qui foncée à vive allure dans un mur ou contre les barrières de l’autoroute mais je me raisonnais en pensant que je pouvais blesser les autres gens dans les autres voitures. Je n’avais pas le droit de faire subir des peines aux familles de ces inconnus. Cette peur me conduisait souvent à déplacer et cacher certains objets. Avant de me coucher, je bouger les chaises, je cachais les plus dangereux couteau car, je croyais que des crises de somnambulismes pouvaient se produire et que, dans ces moments je pouvais me faire du mal physiquement heureusement, je ne me suis jamais infligée de telles horreur et je ne crois pas avoir déjà était somnambule. Mais je n’étais pas à l’abri de moi-même. J’étais terrorisé par mon corps que je ne contrôlais plus, par mon esprit qui ne suivait plus mes idées. Le seul mal que je m’infligeais se passé dans ma tête. Je réduisais mes espaces et je faisais souffrir mon corps, mon esprit à l’intérieur de moi, je n’avais plus que cet espace et je n’arrivais plus à y respirer. J’étais pétrifiée par moi-même et effrayé par ce monde inconnu qui me disait : « viens ! Quitte cette vie ! Pars ! Tu as beau tenté d’être heureuse ici, tu ne le seras jamais ». Je m’étais toujours dit : »je sais que quelque chose de bien m’attend, ailleurs ». Et il m’a fallut du temps pour que j’ose m’écouter.
Lorsque les larmes coulaient à flots, tous les soirs, seule dans mon lit, même accompagnée mais seule, j’imaginais qu’il aurait mieux fallut que je meurs à la naissance, mieux pour ma mère, mes frères, ma sœur. Souvent, j’ai rêvé d’un frère ou d’une sœur plus âgé, un frère aîné ou un jumeau. Il m’aurait aidé, il m’aurait expliqué certaines choses dont mes parents ne m’ont jamais parlé. Il aurait été celui qui aurait pu me consoler, me comprendre, m’emmener ailleurs, être mon confident. Je pleurais aussi pour toutes ces histoires que je m’inventais. Certaines étaient tristes. Cela me faisait du bien, parfois sans sanglot, juste des larmes qui perlaient sur mes joues, glissaient à mes oreilles, elles étaient la chaleur.
Aujourd’hui je ne pleure plus. Cela fait plusieurs mois que je ne pleure plus. J’aimerais encore une fois ressentir cette chaleur, de temps en temps, maintenant. Mais rien ne vient, pas encore. Pourtant, je pourrais pleurer, j’ai tant de raisons de pleurer. Je suis devenue insensible, je n’arrive plus à recréer ces instants, même en me forçant, avec des images qui autrefois me poussait à me retirer, à m’isoler pour laisser s’échapper la douleur, l’émotion transformée en gouttes de mon humeur liquide, poussée le plus souvent à son paroxysme, mais non, non, je n’y arrive pas.
Les ennuis se sont tellement accumulés, que j’ai fini par me construire une carapace, une autre espèce de bulle. Je ne pouvais pas crier, crier ma souffrance. Les gens ont su dire que c’était difficile ce que je vivais et qu’ils ne l’auraient pas supporté à ma place. À ma place, ils auraient abandonné. Ils auraient abandonné depuis longtemps. J’ai moi-même essayé d’abandonner à deux reprises mais j’avais envie d’y arriver. J’avais envie de me battre contre cette vie qui m’attendais depuis longtemps, et qui, aujourd’hui ne voulait plus de moi. Je me devais d’y arriver, je me devais d’être aussi forte qu’avant mais pour moi à présent. Si je m’arrêtais là, cela voulait dire que j’avais faiblit pour rien. Que tous les efforts de ces années passées pour les autres ne m’avaient rien appris. Que la nouvelle moi n’existerai jamais. J’étais en train de tuer ma future personne avant même qu’elle ne se sente moi. Je n’avais pas le droit de lui faire ça,de me le faire subir, encore une fois cet échec, cet vision de l’échec, avoir échouer à réussir ma vie, je n’y survivrai pas. Non, je ne devais pas échouer. Je réussirai pour moi. Sinon, tous ces spasmes reviendront et l’on m’enfermera. Il n’y a rien de pire que d’être enfermé matériellement quand on s’est déjà enfermé seul, par notre esprit et que l’on crie et que l’on pleure à vouloir mourir, à vouloir sortir. Sortir de ces souffrances, non il n’y a rien de pire que la réalité matérielle du rêve que l’on fait chaque nuit. De la vision réelle de nos barrières imaginaires et infranchissables.

Maintenant que c’est fini j’aimerais pouvoir le crier, crier que ça m’a fait mal et que ça fait mal encore, peut-être. Ce mois-ci je ne déménage pas. Pourtant mon esprit se met dans cet état, l’état dans lequel j’étais toutes les six semaines en moyenne. En un an, j’ai baladé mes affaires -qui se faisaient de plus en plus nombreuses- à travers tout Paris. J’ai déménagé huit fois. Non, neuf ! Le dernier s’est fait il y a sept semaines. Le vrai. Avec un bail, en colocation avec ma meilleure amie. Le dernier pour l’instant.
J’ai vécu plus de choses cette année que ce que j’avais pu vivre jusqu’alors. Ça a été difficile mais je m’attendais à pire, alors c’est passé.
Au fil des mois, la douleur, les angoisses, ces sanglots étouffés, se sont estompées. Je n’avais plus le temps de penser à tout ça, je n’avais plus le temps de me rendre compte des difficultés, de toute façon j’étais dedans donc inutile de se poser la question. Je devais me poser les bonnes questions. Trouver un endroit où dormir et un endroit où poser mes affaires en sécurité, qu’importe si ces deux lieux étaient différents et très éloignés. Je devais pouvoir être propre, manger et me connecter à Internet pour les annonces de colocations. Peu importe si je pouvais rester dans un lieu une nuit, une semaine ou un mois, je n’avais pas le droit de dormir dans la rue même si ça a failli arriver, il faisait trop froid, je n’aurai pas pu en parler à mes parents, j’avais honte d’être une vagabonde, de devoir demander aux gens s’ils pouvaient m’héberger. J’en ai visité des rues, des appartements. J’en ai rencontré des gens dans les bars, dans les rues. Je n’avais pas le temps de m’intéresser à la ville, aux monuments, aller à des expositions. Paris est une très belle ville mais elle n’a pas de bras assez grand pour accueillir tout ceux qui veulent y vivre. Je me suis accrochée à mon espoir et mon envie de vivre ici. Si j’y suis parvenue, c’est en partie grâce à mes parents qui m’ont appris à être courageuse, courageuse dans les épreuves de la vie. Merci. Maintenant je vais bien, je suis bien dans ma vie et je n’ai plus peur. Je n’ai plus peur de moi. Ce que je crains à présent, c’est de ne plus jamais pouvoir pleurer. Ça reviendra.
Il y a quelques jours, j’étais allongée dans mon lit, dans le noir. Sans penser à rien, une larme s’est échappée et a coulé le long de ma joue. Je l’ai laissée faire. Je me dis qu’elle est simplement venue me dire que je suis encore humaine. C’était la seule et j’attends la prochaine.

un aprés-midi au square

Posté le 25.10.2007 par mniha
Le bruit des jets d’eau atténue le son du trombone. Julie s’est mise à danser et Camille -tenant son biscuit d’une main- fixe le monsieur.
C’est l’été et nous n’avons pas changés nos habitudes. Nous sommes toujours là, à prendre le goûter au square du boulevard Richard Lenoir.
Il n’y a personne exceptés les quelques touristes et ces musiciens qui font une pause déjeuner à quatre heure de l’après-midi. Ils ont l’air d’être de la rue, ils font certainement la manche dans les métros.

Le Monsieur, ayant vu que les petites appréciaient, abandonne son sandwich et sa bière pour se mettre à jouer pour elles, pour les voir danser et certainement parce qu’elles ne sont pas là pour juger leur accoutrement de « gens des rues ».
J’irais bien danser moi aussi, mais je préfère observer la scène de mon banc, je gâcherais sans doute le spectacle.
Les musiciens parlent aux petites, pourtant ils ne semblent pas bien parler notre langue mais ils se comprennent apparemment, les petites comprennent. Les enfants comprennent beaucoup de choses.
Camille a dû se mettre à leur raconter une de ses histoires d’enfant de 3 ans mais ils l’écoutent et la comprennent. Cela paraît embrouillé à chaque fois, les histoires d’enfants mais c’est agréable à entendre; pour eux ce sont de grandes aventures, un monde magique dans lequel ils essayent de nous faire entrer.
L’important ce n’est pas forcément de la comprendre de toute manière !! C’est qu’elle soit écoutée, elle est mignonne quand elle parle avec ses mots à elle et ses mimiques de petite fille adorable à écouter tellement qu’elle croit et qu’elle vit son histoire.

Le silence, les voitures, le square au milieu des voitures, les jets d’eau, une chaleur écrasante, la joie; voilà ce qu’était cet instant, un moment de bonheur, de partage de rien mais qui en à fait beaucoup pour moi.
Je n’ai fait qu’observer et je me suis sentie vivre.

comptoir-débat

Posté le 19.10.2007 par mniha
Au bar depuis deux heure et demie, je bois une pinte et dessine, je viens de descendre aux toilettes, le barman m’a embrassée, je remonte, m’assieds, nous sommes le 02 mai 2007, débat sarko-ségo à la télé, à ma droite un homme qui semble vouloir parler de ce débat mais je ne suis pas apte, j’ai pas mangé de la journée et c’est la deuxième bière que je bois, lentement ! Le mec à ma gauche acquiesce à chaque parole de l’homme à la télé, je ne sais quoi penser, je suis…….présente et absente à la fois ! Les hommes de ma vie se mêlent à mes pensées !!
Il a proposé qu l’on se retrouve après,….le barman,…..que va-t-il se passer ?
On m’interpelle ! Le mec à ma gauche -et qui semble être de droite-….j’écoute, j’écris, je bois, fume et une envie de jouir depuis hier soir.
Je n’ai pas mangé et n’ai pas faim ! Je prendrai peut-être un kebab après !
Le mec de droite (à ma droite) me parle, je ne réponds pas vraiment, seulement me contente de relevé le mot « tueur », il pense que ces personnalités ont des attraits de « tueurs ». À ma gauche ça rigole à chaque parole de la candidate, le barman est en face de moi, il me regarde, sourit….on va certainement faire l’amour ce soir !
Règne un silence dans ce bar, peut-être quelques chuchotement ! Les gens sont concernés, concertés,…il a envie de moi,…je ne veux pas intervenir, ….il est effectivement de droite,…la sirène des pompiers -ou policiers peut-être- retentit.
Il faudrait que je mange, je suis dans un flou et peut-être même floue moi-même…
Il embrasse bien cela dit !!!
DROITE ou GAUCHE ? vive l’happy hour tout de même !
Une femme plus loin au comptoir à presque fini ses cacahouètes…ce n’est certes le détails qui compte ! La télé a des bugs, SILENCE !!! Ça a coupé, on suggère de mettre la ‘2’,…. »ENTRACTE », « pression sur les médias » disent les uns, « des virus » ! Ça reprend, a-t-on raté un moment important de la télé, ce sera certainement rediffusé !

Moi, je marque une pose !

« On ne peut pas faire l’Europe et avoir les impôts les plus élevés » (sarko)

« Quel dommage que vous n’ayez pas fait tout cela pendant cinq ans ! » (ségo)
« problème de crédibilité »

J’entreprends une brève conversation avec mon voisin !
Bruno me regarde et me sourit.

Le mec à ma gauche me certifie qu’il est mon ami et que je peux lui parler, il travaille à la tour-Eiffel ! Il me dit de faire attention aux gens dans Paris…..et me certifie aussi que je peux faire confiance à sarko ! Quelle rigolade ! N’est-ce pas ?
Je lui parle de mon malaise à la tour…115m d’altitude…qu’est-ce que ça va être à 324...? J’espère y monter un jour !
« Les gens du sud sont plus ouvert », il dit ça parce que je lui ai demandé : « je peux goûter dans votre verre, s’il vous plait ? » et que ça ne se fait pas ici ce genre de demande !!
Je suis bien ! À Paris en général !
Je ne connais rien de lui, à part qu’il vient de Vendée et qu’il travaille dans ce bar….
On parle maintenant du Maroc; la conversation s’éternise en fait….
« impressionnante ! » dit-il ! ……..une tape amicale sur le bras… « 40 ans c’est l’âge de la sagesse ! »
J’ai complètement largué le débat.
« un petit verre !!! » et c’est servi par Bruno, offert par Ahmed.
Je vais passer mes longues soirées d’été accoudé à ce comptoir !
S’en tient une conversation fraternelle sur la « fraternité » !!….

Deux pintes et demie après….et une petite vodka-banane que je ne finirais pas, je décide de rentrer accompagné de mon vélo !!



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